Je ne suis pas un numéro
Spectacle inédit du clown français, Ludor Citrik, une des figures majeures du clown contemporain
Oubliez le déjà vu, oubliez tous les clowns blancs. Laissez la place au Clown Contemporain qui retranscrit l’ère du temps. Laissez la place au Clown qui bouscule la figure même du rire, allant jusqu’à figer son sourire dans un rictus inquiétant et jouissif. Laissez la place à Ludor Citrik. Cédric Paga alias Ludor Citrik est à n’en pas douter une des figures majeures du clown contemporain.
Créé en 2002, son solo Je ne suis pas un numéro est d’une richesse rare, un condensé de cirque convoquant certes la jonglerie, l’acrobatie, la pantomime, mais aussi le théâtre d’objet, la performance et le happening. De ce magma virtuose et foutraque ressortent des moments d’égarement et de grâce absolus.
Interview avec Ludor Citrik
Ludor Citrik a mangé les clowns : « j’ai avalé le clown blanc et l’Auguste, incorporé l’autorité du premier et la mélancolie du second ». On comprend tout de suite, en parlant avec le héros du moment à l’Institut français du Liban, qu’on n’a pas affaire à un clown comme les autres…
D’abord étudiant soigné sur les bancs d’une faculté de lettres, Ludor Citrik commence son apprentissage de la scène par le théâtre, au sein d’une compagnie universitaire. Celle-ci l’emmène en Avignon, le Saint-Graal, pour une immersion dans le décor. Puis, c’est le retour à la dure réalité estudiantine. Il « répète ses examens » (déformation professionnelle oblige !) dans un square. Alors, « une fille fait du boucan à côté de moi, je parle avec elle et elle m’invite à participer à un stage de clown. Mes partiels approchent, je la remercie mais décline l’offre. Je prends quand même son numéro au cas où ». Le lundi, Cédric ne va pas à ses partiels ; il commence à devenir Ludor Citrik.
S’en suivent trois ans sans plus lire ni écrire : Ludor « s’occupe à vivre » et « à sortir de sa tête » tout ce dont elle était « farcie ». Cette expérience salutaire lui permet de construire son personnage, de penser ce qu’il ne faisait alors que par intuition. Ses amis acteurs et clown ont beau jeu de lui reprocher ses « sorties de route », son refus de se plier à des règles : bientôt lauréat du prix de « jeune talent du cirque », il obtient une bourse d’écriture qui lui permet de suivre ses propres règles et mieux, de les conceptualiser.
En « cherchant son clown », Ludor Citrik cherche l’humain. Il cherche à saisir le présent absolu ou le présent simple, à relever les défis imposés par « ce monstre du présent », en trouvant une écriture qui puisse l’incarner. Il cherche à faire de son art « un art vivant » vivant selon son expression. Son écriture est précise, mais sur scène « il faut dé-connaître le spectacle » qu’on s’est donner tant de mal à construire.
A la fois créature et créateur, artiste réflexif mais avant tout dans l’action, il laisse toujours le choix au public, la liberté d’interpréter. Conscient qu’il est difficile de faire du public « un acteur », Ludor Citrik n’oublie pas « qu’il est toujours responsable de ce qu’il voit : qu’importe ce que moi j’ai voulu dire ! »
C’est l’histoire d’un clown qui pense avec les papilles : ce clown-là s’attache aux saveurs ; ce sont elles qui font venir le savoir, peut-être pas les livres. « Faire du clown au marteau-piqueur » comme il le revendique, c’est accepter de revenir à certains fondamentaux, à « une sagesse de la bêtise ». Et celui qui cite Bergson et Foucault en invoquant le dieu des ânes, un peu à la manière de Marx qui voulait remettre Hegel sur les pieds, veut quant à lui remettre la vie elle-même sur la tête…
Tarif Plein : 30 000,00 LL
Tarif Etudiant : 20 000,00 LL
Réservations et renseignement au 01 420 200
