Bouche cousue
Spectacle de mime de Laurent Decol
Créé en 2008, Bouche Cousue est un spectacle hommage au célèbre mime Marcel Marceau. Composé d’une succession de huit numéros, Bouche Cousue présente Timoléon, personnage créé par Laurent Decol, assez éloigné de la pantomime classique dans le fait qu’il présente des traits de caractère opposé aux personnages lunaires et rêveurs. Celui-ci est arrogant, imbus de lui-même, ne doutant de rien, donc ridicule, pathétique parfois et pitoyable souvent...
Evidemment ses actions provoquent souvent le rire. Timoléon est tour à tour sculpteur, haltérophile, magicien, rock star, David et Goliath, fabriquant de masque... sans un mot, on se laisse emporter dans son univers burlesque.
Interview avec Laurent Decol
Sa voix ? Laurent Decol ne l’apprécie pas : « c’est dur de s’entendre, de ne pas avoir un conflit avec sa propre voix. La mienne, je ne l’ai jamais travaillée comme peuvent l’avoir fait tant de grands comédiens dont la voix est pleine d’inflexions, de subtilités. Je ne suis pas « en voix » et mon personnage croit se faire entendre sans jamais prononcer un mot ! »
Bouche cousue c’est en effet « une réplique cinglante aux représentations classiques qu’on peut avoir des mimes » dit-il. « Le côté lunaire, un peu Pierrot des mimes m’a toujours agacé. J’interprète un personnage qui n’est pas une victime, sinon de lui-même et qui prend le contrepied de cette vision classique. Timoléon, puisque c’est ce nom qui est resté après quinze années de tournées avec ce personnage, est arrogant, prétentieux, imbus de lui-même. Tout le contraire de ce que faisait Marceau : en psychanalyse on dit qu’on « tue le père », c’est peut-être un peu ce que je fais. »
Laurent Decol réfléchit aux influences qui l’ont travaillé, influences du cinéma bien sûr, avec Buster Keaton, Charlie Chaplin, Harold Lloyd ou encore Max Linder qui « sont des sources d’inspiration constantes. Mais la filiation avec la Commedia dell’arte est aussi très claire et je la revendique. Au-delà des figures d’Arlequin, de Pierrot ou de Pantalon (dont mon personnage est plus proche), ce qui est passionnant dans l’histoire de la Commedia c’est qu’elle a toujours été très politique, très engagée dans son temps. En remettant cela au goût du jour, en se posant les questions du moment, je cherche moi aussi à me pencher avec tendresse et cynisme sur les vices de notre époque ! Mais je le fais avec retenue, avec sobriété : c’est là tout l’art du mime.
Une chose étonnante à laquelle je vous invite à réfléchir : assistez à un spectacle de mime, regardez un film muet et vous vous rendrez vite compte à quel point la parole ne nous manque pas. De manière surprenante, c’est comme si cette voix que nous utilisons tous les jours de notre vie nous était totalement superflue. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme : dans un monde muet, bien des choses qui sont invisibles refont surface dans la réalité. Les expressions, les « mimiques », les démarches que nous faisons au quotidien apparaissent tout à coup, comme sorties de nulle part. On se rend vite compte de ce que l’on fait en arrêtant de dire ! En cela le travail de mime s’apparente au domaine de la science physique : il étudie le réel… Et cette magie qui permet de montrer ces gestes que l’on ne voit plus me permet de créer autour de moi des objets qui n’existent pas, de fabriquer des illusions. Le plus beau, c’est que tout cela reste très simple… C’est là l’une des choses que j’aime le plus dans le mime. On ne donne pas dans la virtuosité ; malgré tout le travail qu’il y a derrière un spectacle, tout apparaît simple comme bonjour, et on se dit d’un geste, d’une illusion, qu’on n’y avait jamais encore pensé alors que c’était là, en nous, tout près, à notre portée. On donne alors envie aux autres de créer à leur tour, et n’est-ce pas là le principe même d’une œuvre réussie ? » ajoute-t-il dans un sourire.
Tarif Plein : 30 000,00 LL
Tarif Etudiant : 20 000,00 LL
Réservations et renseignement au 01 420 200
