Institut Français au Liban
Tripoli

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Texte de la Dictée 2016

Texte de la Dictée 2016
Ecole Rawdat El Fayhaa et Ecole Arz
19/03/2016 15:00 

La fin du cauchemar? Par Alexandre Najjar

Le Liban était un pays paradisiaque où les touristes friands de balades aimaient flâner sans relâche. Mais un jour, tout bascula : des tonnes d’ordures l’envahirent. On vit çà et là des détritus et des immondices, des caniveaux obstrués par les déchets, des ruisseaux transformés en égouts, au milieu d’une odeur pestilentielle, nauséabonde et suffocante. Des montagnes d’objets hétéroclites s’amoncelèrent dans des dépotoirs à ciel ouvert. Les chaînes de télévision du monde entier se mirent à diffuser des reportages choquants, nuisibles à l’image du Liban. Décontenancés, les Libanais se demandèrent s’il fallait incinérer les ordures ou les enfouir subrepticement. Au lieu de les secourir, leurs dirigeants multiplièrent les simagrées et les palabres. Comme ils manquaient de jugeote, ils se révélèrent incapables de dénouer la crise. Les conférences de presse se succédèrent à un rythme effréné, mais elles n’engendrèrent que promesses fallacieuses et communiqués succincts. Certains ministres suggérèrent d’exporter les ordures, mais le prix exorbitant exigé par les compagnies étrangères les dissuada finalement d’adopter cette proposition bancale.

Qui l’eût cru ? Soucieuse de savoir les pourquoi et les comment de la crise, constatant que le pays déliquescent allait à vau-l’eau, excédée de souffrir le martyre et d’exposer ses enfants aux épidémies, la population regimba et se rebiffa. Des cohortes de citoyens descendirent dans la rue pour clamer à l’envi leur refus de cette mascarade et exiger à cor et à cri le ramassage des ordures sans délai. Ils manifestèrent assidûment en brandissant des banderoles satiriques comportant des slogans provocants. Des échauffourées les opposèrent à des gendarmes flanqués de bouledogues aux mâchoires saillantes. Quoique partiellement responsables de la situation, les députés s’enhardirent pour adresser des philippiques musclées à l’exécutif, accusé de tous les maux.  Seule échappatoire à ce cauchemar : échafauder un plan d’urgence consistant à édifier illico des usines conformes aux normes internationales pour traiter les déchets. Fallait-il donc cette crise pour qu’on se décidât enfin à agir de manière écologique ? Après des mois d’attente, les nuages qui enténébraient le pays se dissipèrent. La population, échaudée par les faux-fuyants, assista avec suspicion, puis soulagement, au nettoyage des rues et au déblayage des dédales obscurs où les poubelles de fortune avaient été entassées. Le Liban retrouva ses couleurs et, comme à l’accoutumée, pansa ses plaies avec stoïcisme, en jurant de ne plus jamais faire confiance à ceux qui s’étaient plu à le défigurer. Rêve ou réalité? Etait-ce trop beau pour être vrai ?

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